À la gloire de l’aligoté

Aligoteurs
Philippe Delacourcelle, chef du restaurant Boisrouge, entouré des Aligoteurs.

L’aligoté, le petit poucet des cépages bourguignons, fait son show autour de l’été. L’occasion de revenir sur la genèse d’un salon pas comme les autres.

En 2017, par une de ces douces soirées d’été au restaurant Boisrouge de Flagey-Échezeaux, le chef Philippe Delacourcelle et trois amis vignerons faisaient tomber la chaleur avec quelques bouteilles d’aligoté. On ne sait lequel eut l’idée le premier de réunir les défenseurs de ce cépage qualifié de « modeste » (par ceux qui le connaissent mal) dans un salon professionnel, mais ce n’est pas là le sujet. Ces quatre amis actèrent ce soir-là la création d’une association à but non lucratif autour de la promotion du cépage aligoté. La vision de la vinification et de l’élevage de ce vin étant propre à chacun, on peut parler d’auteur. Liez ce mot à l’aligoté et vous obtenez un aligoté d’auteur… donc un aligoteur ! Et comme ce cépage est un filtre à terroir commun aux cinq côtes viticoles de la Bourgogne, il prend ici pleinement un caractère collectif.

Le chef cuisinier fut normalement désigné président de l’association, évitant ainsi tout conflit d’intérêt aux vignerons qui prirent sans modération les autres postes du bureau. Rapidement rejointe par d’autres producteurs amoureux, l’association comptait une cinquantaine de membres au jour de la première manifestation, qui se déroula le 23 avril 2018 au restaurant Boisrouge. Le succès fut immédiat, avec plus de 350 visiteurs professionnels.

Aligoteurs

Nouveaux aligoteurs

Après une édition parisienne le 2 décembre 2019, les Aligoteurs recevaient jeudi dernier, à leur camp de base de Flagey, 11 vignerons impétrants (après examen d’une quarantaine de dossier de candidature et une dégustation à l’aveugle). Quelques journalistes étaient présents pour mettre des visages sur les étiquettes. Parmi les nouveaux venus nous avons retenu Jérémy Recchione et son aligoté 2018 aux allures de crème au citron meringuée (13 €) issu des Hautes-Côtes de Nuits. Aline Beaune et son 2018 au fruité minéral produit à Jully-lès Buxy en Côte chalonnaise (12,50 €). Marthe Henry-Boillot et son 2017 au blanc chic, habillé de la pureté des terres de Meursault (13 €). Pierre-Julien Duroussay des Coteaux des Margots en Mâconnais et sa « Pie Rouette » 2018 à l’accent granitique salivant (7,50 €). Et Richard Angonin qui a transformé son aligoté en « Marin d’eau douce » (11,70 €), un pétillant naturel croustillant et salin.

Après ce troisième événement, Boisrouge devrait être rebaptisé « Boisblanc ».

Guillaume Baroin